Le bruit de la langue

Gilles Mentré ; Gardair, Christian (ill.)

Paris : l'Herbe qui tremble, 2017
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« Tout à coup, je me souviens d'où vient le petit point bleu. Sur ton
épaule, l'un de tes grains de beauté est si noir et pâle, qu'un jour
tu m'as demandé ce que j'en pensais - plus jeune, tu y voyais la
preuve d'une origine lointaine, une filiation secrète, rêvée. Lequel
te consolera, le dieu ou la déesse ? C'est la déesse, bien sûr, qui te
prendra sous son aile. Le dieu, lui, cherche à te posséder. »

Gilles Mentré raconte des histoires et, parallèlement, s’interroge sur le lyrisme du langage.
« Je voudrais dire : je vais écrire, et qu’aussitôt la poésie commence » . Ainsi commence le livre, et tel semble son programme. Écrire bien sûr, mais la poésie doit être là avant toute chose. On y lit aussi : « Je voudrais écrire, il y a, au commencement de l’écriture, une impossibilité. »
Au fil de ses histoires, Mentré raconte un fleuve, des vaches, une femme, un homme au visage peint… mais chacune des histoires est interrompue. Les textes esquissent des mouvements, comme une mer dont les ressacs ressemblent aux tourments de l’être humain, et dont la crête soutient les mots un temps puis retombe en un creux.
En somme, les mots ont leur vie propre, la langue parle toute seule à travers nous, elle arrache l’homme à sa propre contemplation, comme les vagues, elle secoue les multiples je afin de nous inviter à les quitter, mais nous sommes aussi fait de tous ces je. Alors ? Pour être, et pour vivre, pour se réunir, suggère ce livre, il faut apprendre à attendre qu’un autre nous regarde.


▸ Recension
Note de Jean-Michel Maulpoix (le Nouveau Recueil)
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Debuutbundel
soirée l'Herbe qui tremble
Man
Frans
Eenentwintigste eeuw
Debuteerde na 2010